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explication de l'immunothérapie par le COPB

QU'EST-CE QUE L'IMMUNOTHÉRAPIE ? COMMENT CELA FONCTIONNE ?

29/11/2023

Santé

L’immunothérapie moderne est un traitement du cancer qui repose sur la réactivation du système immunitaire afin de lutter contre les cellules cancéreuses.

Apparue au milieu des années 1970, elle a connu un boom au cours de ces dix dernières années, du fait de l’essor des connaissances sur les rapports entre le système immunitaire et la présence d’une tumeur et la mise au point de nouvelles immunothérapie capable de les modifier.

 

Principe des nouvelles immunothérapies

Les cellules cancéreuses brouillent les signaux du système immunitaire. Ceci leur permet d’échapper à sa surveillance et ainsi de proliférer en produisant de nouvelles protéines qui inactivent progressivement toutes les défenses de l’organisme.

Ainsi, l’immunothérapie utilisée dans le traitement des cancers a deux objectifs :

  •            « Réveiller » le système immunitaire« endormi » par ce dernier
  •         L’éduquer pour qu’il soit en mesure d’éliminer les cellules cancéreuses

Cette approche thérapeutique repose sur l’utilisation de plusieurs stratégies d’activation des défenses de l’organisme : les anticorps monoclonaux, l’immunothérapie non spécifique, les immunomodulateurs, la vaccination thérapeutique, etc.

 

Plusieurs stratégies d’immunothérapie

L’immunothérapie non spécifique

Cette stratégie d’immunothérapie stimule l’activité globale du système immunitaire, sans cibler spécifiquement la tumeur.

A ce titre et pour donner un exemple, l’administration locale du BCG (vaccin contre la tuberculose) dans le traitement des cancers de la vessie, permet de lutter contre la tumeur en stimulant les défenses immunitaireslocales.

Les immunomodulateurs

Parfois, les cellules cancéreuses parviennent à échapper aux défenses immunitaires.

On peut alors utiliser des immunomodulateurs pour réactiver le système immunitaire au global ou plus spécifiquement, en utilisant des inhibiteurs de point de contrôle. Ces immunomodulateurs ont pour objectif de rétablir l’action du système immunitaire en levant certains mécanismes d’inhibition et de détournement déployés par la tumeur.

La vaccination thérapeutique

L’objectif de la vaccination anti-cancer est de stimuler le système immunitaire et de le diriger contre les cellules cancéreuses. Cette vaccination présente un atout majeur : elle permet de déclencher une réponse immunitaire dite « mémoire » qui vient protéger le patient d’une éventuelle rechute.

A ce jour, plusieurs vaccins sont à l’essai mais un seul est commercialisé : le Sipuleucel‑T, contre le cancer de la prostate.

 

Les enjeux de la recherche

Il nous reste beaucoup de travail pour continuer de décrire les mécanismes de l’immunité antitumorale. En effet, les chercheurs parviennent régulièrement à identifier de nouveaux récepteurs à la surface des cellules immunitaires, capables de les inhiber ou au contraire de les activer en réponse à différents signaux. Leur objectif est donc de comprendre toutes les étapes de ces cascades biologiques pour pouvoir les utiliser en développant de nouveaux médicaments d’immunothérapie. 

 

L’immunothérapie contre quels cancers ?

A ce jour, l’immunothérapie plus ou moins associées à la chimiothérapie ou à des thérapies ciblées est démontrée efficace contre de nombreux type de cancer : poumon, rein, vessie, tête et cou, mélanome, sein, utérus, colon, maladie de Hodgkin ou encore maladie de Merkel. On évalue actuellement leur utilité contre de nombreux autres cancers.

 

Quels sont les effets indésirables ?

Il arrive que l’immunothérapie active le système immunitaire contre les cellules non cancéreuses de l’organisme. Elle peut alors être à l’origine d’effet secondaires auto-immuns.

On peut citer des réactions cutanées souvent transitoire, des diarrhées, des réactions pulmonaires mais aussi des atteintes endocriniennes le plus souvent thyroïdiennes.

Les effets indésirables sont souvent modérés mais la réaction immunitaire peut être parfois importante ce qui nécessite une surveillance régulière biologique et radiologique régulière.

L’apprentissage des symptômes d’alerte de ces réactions auto-immunes est important pour les limiter.

 

Notez cependant que ces effets indésirables ne sont pas systématiques et qu’ils sont très variable d’un patient à un autre (survenue ou non, durée, intensité).

 

Association immunothérapie et autres traitements contre le cancer

De nombreux essais montre que l’efficacité de l’immunothérapie peut, dans certaines situations, être améliorée en l’associant à d’autres traitements.

On peut citer l’association de chimiothérapie et d’immunothérapie dans le cancer du sein triple négatif.

Son addition à d’autre thérapies, dites ciblées, est utilisée dans les cancers du rein, de l’utérus…

L’immunothérapie est indiscutablement une nouvelle arme de choix contre le cancer. Toutefois, si l’immunothérapie propose des approches innovantes et efficaces dans la lutte contre le cancer, il faut garder à l’esprit qu’elle ne peut être appliquée dans toutes les situations. Certaines tumeurs ne sont pas ou peu sensibles à l’immunothérapie. Certains tests biologiques peuvent également nous permettre de prédire la possibilité de l’efficacité de l’immunothérapie.

 

Pour plus d’informations sur la radiothérapie, lisez notre article dédié.

 

Ensemble, luttons contre le cancer !

L’équipe du COPB – Centre d’Oncologie et de radiothérapie du Pays Basque